vendredi, janvier 31, 2014

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Anne Laval

























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Marcher et
lire-voir avec Lionel André


















dissémination écriture et image de janvier 2014



Si l’histoire littéraire est tellement riche en journaux de voyage et en carnets d’écrivain, c’est sans doute parce qu’il s’y joue quelque chose d’essentiel pour la littérature elle-même. Le web nous invite à inventer de nouvelles formes de journal et de carnet, dans un rapport nouveau avec le lecteur puisque celui-ci ne découvre pas après-coup ce que vit l’auteur et ce qui l’occupe sur un plan littéraire, mais au jour le jour (même si cette publication peut être retardée, mais beaucoup moins en général que pour la plupart des carnets papier).

Dans ce processus où l’écriture se nourrit de la vie quotidienne, le paysage, ce que l’on voit autour de soi est fortement présent. Rien de plus naturel alors que d’inclure dans un journal en ligne des images attrapées en passant. Mais si l’écriture, toute l’écriture devient ce rapport vivant des mots avec les images du dehors ?

C’est ce qui me paraît se jouer chez Lionel André. Accompagnateur en montagne dans le Beaufort depuis de nombreuses années, il pratique la lecture et l’écriture en mouvement, et c’est ce mouvement qu’il exprime autant sur son blog que sur sa page Twitter, et si j’écris page et non compte c’est bien parce que s’y déroule, heure après heure, jour après jour, une page où mots et images y existent dans un jeu alterné exemplaire.

Premiers échanges avec Lionel il y a une quinzaine d’années, accueil de plusieurs de ses poèmes sur D’autres espaces, mon premier site. Je suis heureux de l’avoir retrouvé sur Twitter, d’y avoir surtout redécouvert son écriture cheminante, inspirée par la poésie asiatique où peinture et écriture sont étroitement mêlées. J’aime comment il se sert du micro-blogging comme d’un outil d’écriture et de publication qui me paraît lui être singulièrement adéquat (il y a tout un art de l’association des mots et des images mais aussi de leur disposition, de leur rythme), et plutôt que de reprendre un texte de son blog Fleuves et montagnes sans fin j’ai préféré sélectionner une série de ses tweets, comme des semences offertes par le marcheur (les derniers dans la neige sont d’avant-hier).

Laurent Margantin

O.O.


















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Scarabaeoidea













et le récit
       le mystère

et le mystère

le récit 
   disloqué



unique

sans importance 



et le désir se lève
première semence de la pensée





SOLEIL



ici
il réchauffe


il calcine

partout
il
éclaire





il est
l'image du soleil

qui renaît
de lui-même

DIEU
qui revient




comme le dieu solaire
revient des ombres de la nuit

il est censé renaître
de sa propre décomposition





il porte la boule
énorme du soleil entre ses pattes

il roule cette boule
dans laquelle il a déposé sa semence



































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jeudi, janvier 30, 2014

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Khépri
le soleil levant











la figure du scarabée
aux pattes tendues correspond au verbe














qui signifie
quelque chose comme

venir à l'existence
en prenant une forme donnée


les scarabées
furent aussi portés comme

des amulettes efficaces



l'insecte porte en lui
le principe de l'éternel retour




















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Il mesure entre 2 et 4 cm.

Il est brun-noir luisant

Seul le mâle possède
sur le front une grande corne incurvée

Les antennes sont 
coudées et se terminent par un petit éventail

Le scarabée-rhinocéros aime la chaleur

Il vit dans les milieux boisés

Il apprécie la sciure et les copeaux
des scieries ainsi que les déchets en décomposition




Le scarabée évoque
la résurrection et la renaissance perpétuelle




C'est étrange

dès que je ferme les yeux

je vois chaque fois un ciel immense

d'un bleu très foncé

très profond

avec de la neige qui tombe partout





je te salue scarabée

en toi je salue le Très-Proche

l'infime et l'immense























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Ce sont deux amis, à la campagne, pour une longue soirée. Ils rêvent, écoutent de la musique, boivent des verres, se parlent aussi, de temps en temps...mais aucun d'eux n'est en fait très bavard. Entre ces courtes séquences de dialogue, une sorte de nuage de mots et de pensées se matérialise chaque fois, un nuage qui semble constitué de tout ce qu'ils ne se sont pas dit lorsqu'ils conversaient l'instant d'avant, et dans lequel leurs deux esprits finissent par se confondre.


à travers ces fragments en prose, qui jouent entre eux à la manière d'une partition musicale, Franck André Jamme nous livre un texte poétique et lumineux, à l'affût de l'invisible et du silence. Dans ce poème/récit, il cherche à recomposer un sens menacé de disparition - non sans espièglerie, ni distance. Et son travail sur la simplicité de la langue et la polyphonie transforme ces "extraits" en petits joyaux fulgurants.

Melville éditeur.



Le matricule des anges
ici



















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Il chantait ses listes












extraits
de la vie
des scarabées

et autres coléoptères 









la mélancolie des petites victoires

les incendies inexpliquées

la manipulation des coïncidences

les bleus troubles

les bleus limpides

le lavage du regard dans le ciel

les insondables limites de la grandeur

le chemin de la parole et de la pensée

la parole sacrée

l'illusion du monde

le fruit fulgurant d'une dévotion inflexible

les donneurs d'espace

la lumière du risque

les chevaux infatigables

la permission d'oeuvrer sans raisons

les langues crépusculaires

la passion d'arracher le monde à ses peurs

une constellation de gouttes

les lieux de crémation

le souffle régulier

le corps frissonnant de joie

les yeux emplis de larmes de béatitude

un océan d'ambroisie

les propos qui fuient

les propos qui s'ancrent

les bruits de fond

les esprits fixés sur l'absence 

les balancements incessants 

les pierres magiques

le soleil 

la lune

le vent

les mots des sages

l'Un et le Multiple

le souverain des eaux

le seigneur de la terre

le seigneur des larmes

l'éclair terrible

...























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mercredi, janvier 29, 2014

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Ici
est le Monde















qui s'ouvre
et se ferme comme l'oeil  

de la poupée
                         




étoile filante  
                     Féerie 



passage
cosmique et pourtant

étendue
de pays intime

céleste
céleste




chérir
la puissance qui se situe

entre
le royaume et la gloire

plus violente
que l'un et l'autre



















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personne
ne pense à la joie

















personne
ne la devine









selon 
toute apparence

les vieilles
choses absorbent l'esprit

et les nouvelles
ne sont pas révélées







mais

maintenant

il n'y a   rien 
            de vieux



tout
bourgeonne 

éclot

chante




et tu te croirais
plutôt dans un bocage vert

avec 
ses branches
qui vont et viennent







aux amies
et amis proches

domaine romantique

E.D.














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Abiat R.
19 août 1851











Je me souviens
encore de nos autres bonsoir

de nos promesses
de nous rencontrer de nouveaux

de nous raconter
les histoires de notre coeur










souvenirs

aujourd'hui

hier

envolé

vraiment



déçue

viendra

ce que nous
sommes 
et serons

les volets  
     clos



j  '  adore  
ces
petites rêveries

tout à fait imaginaire



espérer

désire

quelques-uns


ordinaires

faire halte

agréable






c'était là toute ma part

mieux

en direction de la terre



ici



trop cher

trouvé  
        l'autre jours

subtile



ce n'est pas à moi
de le dire



trésor 
 durable





ma chère Emilie







la mite et le ver

ne pourraient-il pas

consumer  

les voleurs 



faire effraction et cambrioler ?
































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Ces correspondances ont un point commun : elles ont poussé Emily Dickinson à forger une prose aussi incandescente que sa poésie, à créer une forme littéraire sans équivalent. Un entrelacement de prose haussée au niveau de la poésie, et de poésie, tantôt ramenée presque au niveau de la prose, tantôt culminant en fulgurations ou éblouissantes condensations. On pourrait parler de texte-Centaure, ou plutôt de texte-Pégase, dont le corps de prose-cheval battrait au rythme d’ailes de poésie.
 

Lettres de haut vol, donc, gardant intacte, au travers d’émotions contradictoires ou de surprenants messages, la force du secret d’où procède toute l’œuvre.
 


“Une lettre me donne toujours l’impression de l’immortalité parce qu’elle est l’esprit seul sans ami corporel. Tributaire dans la parole de l’attitude et de l’accent, il semble y avoir dans la pensée une force spectrale qui marche seule — Je voudrais vous remercier de votre grande bonté mais n’essaie jamais de soulever les mots qui m’échappent.”


Emily Dickinson, 
Lettre à Thomas W. Higginson de juin 186

























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Zhang Kechun
















THE YELLOW RIVER



































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mardi, janvier 28, 2014

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Feuilles & Liqueur




















plus la feuille est grande
plus la liqueur sera parfumée

moins charnue
et permettra de faire différents appels



plus les feuilles seront petites

brisées
ou broyées

plus votre
liqueur
sera structurelle

amère
acide
astringente
tactile



et peu propice à différents appels



l'infusion

            ayant beaucoup donné

 sera fatiguée









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Des feuilles
se seraient détachées d'un arbre


















pour tomber
dans l'eau chaude de l'Empereur.






la qualité de la liqueur
dépendra de son arôme de son astringence

de sa couleur
de son éclat
de sa luminosité
de sa texture
de sa consistance
de son épaisseur
de sa force
de ses notes
de ses parfums
de sa tenue
de sa vitalité...




on peut
pousser une liqueur 

sans augmenter
le grammage on augmente le temps d'infusion


on peut 
impatienter une liqueur 

sans augmenter
le grammage on diminue le temps d'infusion



la liqueur est  par ordre croissant

légère
faible
diluée puis noyée

elle donne 
sans arriver à   "entendre le son de sa voix"

on perd la liqueur





la relation à la chaleur 
cela consiste à jouer sur la température de l'eau.

on peut rafraîchir une liqueur 
on baisse la température de l'eau pour l'infusion.

on peut brûler une liqueur 
on augmente la température de l'eau



























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Thé d'hiver
Séries
















Série végétale

herbe
sous-bois
foin
champignon...

Série boisée et balsamique
bois sec 

planche 
et différents arbres tels que

eucalyptus
sapin
cèdre
chêne
balsa...

Série florale 

violette tilleul rose  rose fanée

jasmin
iris

Série fruitée

série 
divisée en agrumes

fruits à noyau 
fruits frais

fruits secs
fruits cuits

Série de plantes
aromatiques et épices

réglisse
muscade
poivre
girofle


Série animale 

laine
fourrure
cuir
lait
musc

Série empyreumatique

cacao
fumé
brûlé
tabac
grillé
carné


Série minérale

craie
silex
hydrocarbure

Série confiserie 

miel
chocolat
caramel


Série
arômes divers 
et odeurs anormales

putride
rance           ...)


























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dimanche, janvier 26, 2014

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Sous son éclat







saisie rapide








pas seulement son éclat
mais le oui
sous son éclat

pas seulement le oui
mais le ciel
sous le oui






si la pensée 
n'est pas enflammée

par 
son instance principale

par
la substance d'origine


elle est en perdition

M.C.




















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samedi, janvier 25, 2014

Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.
Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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